Ouverture de la FIAC 2016: Quid de l’investissement dans l’art contemporain.

L’année dernière on a recensé plus de 78.000 visiteurs, et des ventes qualifiées d' »excellentes »: citons par exemple Large female portrait, de Georges Condo, acheté 600.000 dollars, le tableau A rising fever, parti autour de 100.000 dollars…ou encore les 2,2 millions d’euros pour un Untitled de Richter.

Des chiffres qui font tourner la tête, si l’on oublie que ces oeuvres ne sont pas que des coups de coeur de collectionneurs passionnés, mais des investissements à long terme, pour des clients qui cherchent à diversifier leur patrimoine. C’est ainsi que des banques, connues ou non du grand public, proposent à leurs clients aisés leur assistance pour investir dans l’art.

Un facteur important en matière d’investissement dans le domaine artistique: une fiscalité avantageuse. Les oeuvres d’art ne sont en effet pas comprises dans le calcul de l’ISF et bénéficient d’une taxation forfaitaire allégée de 5% en cas de plus-value.

L’art contemporain, coqueluche des nouveaux investisseurs mais qui comporte des risques

« C’est dans une certaine mesure le cas de tous les investissements, mais il est vrai que le monde de l’art est complexe », explique Mathilde Courteault, responsable de Neuflize OBC Art. C’est pourquoi sa banque a ouvert, il y a une vingtaine d’années, un département assurant un ensemble de services à leur clients intéressés par ce secteur, allant du management de collection jusqu’à la valorisation, c’est-à-dire l’estimation de patrimoine artistique.

L’emballement des ventes et des prix ne fait pas pour autant de l’art contemporain un bon placement, tempèrent les experts. « La rentabilité d’une oeuvre est très difficile à prévoir » n’hésite pas à déclarer Mathilde Courteault, pour qui s’engager dans ce domaine est avant tout un choix de passion… soumis aux retournements parfois brusques du marché (cette année l’a encore prouvé).

En matière de baisse, 2008 est resté comme une preuve de l’instabilité des prix, en particulier dans l’art contemporain, explique Antoinette Leonardi: « L’art contemporain a brusquement perdu 50% de sa valeur. C’est un marché très volatile, alors que les impressionnistes, par exemple, sont beaucoup moins spéculatifs et leur cote est plus stable. » Par peur de ce terrain glissant, sa banque se refuse à conseiller du contemporain qui ne soit pas « classique », c’est-à-dire déjà bien installé dans le paysage artistique, à l’image de Soulages.

La peur de l’effet bulle ne semble pourtant pas rebutter la majorité des investisseurs: depuis 2005, les prix de l’art contemporain ont augmenté de plus de 70%, de quoi attirer encore plus d’apprentis collectionneurs. Une ruée vers l’or qui inquiète plus qu’elle ne réjouit chez BNP Wealth Management, où l’on dénonce une « frénésie » et où l’on rappelle qu’on a « vu des cotes monter et descendre de façon fulgurante ».

En résumé, il s’agit d’étre prudent et de ne pas mettre tout ces oeufs dans le meme panier.